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News du 28 avr. 2017 10:52

Rencontre avec Hélène GODEFROY, AFPPE

NGI était présente cette année encore sur les 58èmes Journées Scientifiques de l’AFPPE qui se sont déroulées les 31 et 31 mars à Bordeaux. L’occasion de rencontrer Hélène Godefroy, Vice-Présidente chargée des régions au sein de l’association et de recueillir sa vision sur l’évolution de la profession.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’AFPPE et votre rôle au sein de l’association ?

L’AFPPE est l’Association Française du Personnel Paramédical d’Electroradiologie. Créée en 1948, elle est la seule association représentant la profession des manipulateurs au niveau des organismes de tutelle et de la DGOS (Direction Générale de l’Offre de Soins). L’AFPPE s’imprègne des retours d’expériences des manipulateurs de terrain et fait évoluer le règlementaire pour qu’il reste en phase avec la pratique.

Elle a notamment participé activement à la réingénierie de la formation initiale des manipulateurs pour valider un diplôme au grade licence. Elle a aussi, récemment, été à l’initiative de la formalisation du nouveau décret d’actes des manipulateurs notamment pour que les pratiques actuelles dans les services d’imagerie soient en phase avec les textes qui régissent notre profession.

Elle exerce également un travail de communication pour faire connaitre la profession.

Et surtout, l’AFPPE contribue à la formation continue des manipulateurs en proposant des journées de formations au niveau national comme les journées francophones de Scanner et d’IRM, les journées scientifiques, les sessions manipulateurs lors des JFR… l’association propose également des sessions régionales, ses sessions orientées pour l’encadrement ainsi que des formations validantes comme la formation radioprotection patients en e-learning.

Quant à moi, mon rôle est de créer du lien entre les différentes délégations régionales, de permettre une meilleure communication entre ce qui se fait au niveau national et dans les bureaux locaux.

Comment se sont déroulées ces 58èmes Journées Scientifiques ?

Très bien ! Nous sommes ravis de cette édition organisée par les manipulateurs de Bordeaux et qui nous a permis d’accueillir sur deux jours :

·        940 participants

·        120 intervenants

·        31 stands

·        3 amphithéâtres fonctionnant en simultané

·        15 ateliers. Les ateliers se développent de plus en plus. Animés par des professionnels et/ou des industriels, ils permettent d’allier le pratique à la théorie en offrant la possibilité aux participants de manipuler des appareils, des consoles, etc. La nouveauté de cette année : des ateliers portant sur les gestes d’urgence. 

Comment imaginez-vous l’évolution du secteur de l’imagerie et du métier de manipulateur en particulier ?

Le secteur de l’imagerie évolue très rapidement, surtout au niveau technologique. La tendance actuelle des constructeurs est de sécuriser la technique en automatisant au maximum les acquisitions, le volume à explorer, de façon à ne plus être opérateur dépendant. Cela n’était pas le cas avant où il y avait véritablement besoin d’une expertise du manipulateur. La technologie permet à présent d’uniformiser les pratiques, les modes d’acquisitions, de les rendre reproductibles d’une fois sur l’autre. Par là-même, le métier de manipulateur évolue, son expertise va s’orienter d’autant plus sur l’adaptation au patient, à la pathologie. Le manipulateur joue un rôle fondamental dans la prise en charge du patient et aucune machine ne pourra le remplacer à ce niveau. Il va approfondir ou découvrir de nouvelles techniques permettant d’améliorer le confort du patient, comme par exemple avec les techniques de communication thérapeutique ou d’hypnose conversationnelle. La formation des manipulateurs évolue aussi en ce sens. Le processus de formation des manipulateurs a été récemment refondu sur un système de LMD (Licence Master Doctorat). La partie consacrée à la communication et à la prise en charge du patient est à présent plus importante.

L’autre évolution majeure pour la profession concerne les pratiques avancées comme le post-traitement ou la réalisation de certains actes médicaux qui pourront peut-être faire l’objet de délégations médicales.

L’enjeu de demain : de nouveaux terrains de collaboration entre le manipulateur et le médecin-radiologue ?

La baisse d’effectif du personnel médical invite à engager des organisations nouvelles vers plus de collaboration entre le manipulateur et le radiologue. Le décret d’actes des manipulateurs paru au JO en janvier 2017 a permis de revoir  les prérogatives du manipulateur qui peut à présent travailler sans présence de radiologue sur certains actes. Il a également ouvert son champ d’expertise  avec, par exemple, la possibilité de pratiquer l’échographie sous conditions de justifier d’un diplôme reconnu et avec la présence d’un médecin.

Bien entendu, le décret est tout récent et des bonnes pratiques restent à établir pour que la nouvelle répartition des rôles entre manipulateur et radiologue s’ajuste et soit la plus efficace possible et en limitant les dérives. L’AFPPE va ainsi mettre en place des groupes de travail avec les représentants des médecins radiologues et la DGOS pour que ces bonnes pratiques soient officielles et nationales.